Michel Létienne, confirmé pour les Jeux olympiques de Tokyo

Michel Létienne officie au niveau national et international mais il n’est pas le dernier à donner un coup de main au club, ici lors des tests contre-la-montre jeunes qui ont eu lieu samedi 3 avril. Photo © Votre Info pour ASL

Inspecteur départemental de la Jeunesse et des Sports, parti à la retraite il y a maintenant un peu plus d’un an, Michel Létienne reste très impliqué dans le monde du sport. Il vient en effet tout juste d’être élu au Comité départemental olympique et sportif du Pas-de-Calais, dont il est désormais l’un des vice-présidents… et puis il y a son engagement en faveur du canoë-kayak qui reste intact. Il vient d’ailleurs de se voir confirmer une convocation pour les Jeux olympiques de Tokyo en qualité de juge de parcours.

C’est la 4e fois que Michel Létienneva officiellement aux Jeux. La première en 1992, à Barcelone. À l’époque, c’était en tant que directeur des équipes de France de canoë-kayak en ligne. Une belle expérience qui ne lui avait toutefois pas permis de profiter de la fête tant il y avait à faire. Le deuxième fois, c’était à Londres, en 2012, comme juge-arbitre affecté au contrôle des bateaux. Pour lui c’était alors la récompense d’un long cheminement au sein du corps arbitral international qu’il avait rejoint en 1993, passant brillamment son examen à Copenhague, au Danemark, avant d’être officiellement convoqué pour la première fois en 1997 pour les championnats du monde juniors à Lahti, en Finlande.
Après les Jeux de Pékin où il était allé en tant que supporter, participer officiellement aux Jeux de Londres lui avait permis de bien se rendre compte de la dimension des Jeux olympiques, notamment en termes d’échanges et de rencontres. Même chose quatre plus tard à Rio où il était cette fois juge de parcours.
Échanges et rencontres vont manquer à Tokyo… Les consignes et recommandations sont strictes avec une invitation forte à limiter au maximum les interactions sociales. Pas question de s’arrêter dans les boutiques de l’aéroport par exemple et invitation à ne pas prendre les transports en commun. Michel Létienne arrivera à Tokyo quelques jours avant le début des compétitions de canoë-kayak en ligne, mais il n’est pas sûr de pouvoir assister à d’autres compétitions, de canoë-kayak en eau vive par exemple. Et pour lui cela va manquer. « D’un côté, il y a l’appréhension de ne pas pouvoir revivre ce que j’ai connu et d’un autre côté la satisfaction d’aller aux Jeux olympiques qui reste une chance et un privilège. Les deux sur la balance, ça s’équilibre ».

L’incidence de la pandémie
Observateur éclairé du monde du canoë-kayak, Michel Létienne pense aussi que la pandémie jouera forcément sur les résultats sportifs. « Le repêchage continental panaméricain a été annulé ; les qualifications se feront sur la base des résultats des dernières compétitions et de la Ranking List. En Europe, le repêchage continental reste maintenu pour l’instant. Prévu mi-mai. D’évidence, il y a là une distorsion de traitement. La façon avec laquelle les athlètes se sont préparés va aussi jouer : certains ont pu aller au soleil, d’autres pas ».
Et puis il y a la question de la vaccination. Elle n’est pas obligatoire mais fortement recommandée. À quel moment les athlètes vont-ils pouvoir être vaccinés ? En France, ils ne le sont pas encore. À l’étranger, beaucoup le sont déjà. Pour lui, plus la vaccination sera tardive et plus cela risque de jouer sur l’état de forme.
Pour les juges-arbitres, c’est la même chose. « Je sais qu’à l’étranger, en Serbie, en Hongrie par exemple, nombre de mes collègues sont déjà vaccinés. Personnellement je devrais avoir reçu les deux doses d’ici quelques semaines ». Plus tard que les autres donc sans que cela puisse avoir une quelconque incidence sur la « performance ».
De toute façon, dans sa tête, Michel Létienne est prêt à vivre une saison qui sera longue puisqu’après les Jeux olympiques, il y a aura les championnats du monde du 15 au 19 septembre, à Copenhague, qu’il retrouvera donc 28 ans après y avoir passer son examen. Pourra-t-il fêter ce moment ? L’on attendra encore un peu avant de répondre à la question.- Philippe Vincent-Chaissac / Votre Info pour ASL