Suppression annoncée du CNDS : coup de colère d’Olivier Bayle

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Le président du club Olivier Bayle, n’est pas homme à cacher ce qu’il pense. Mardi, lors du repas qui réunissait quelques-uns des principaux partenaires de l’ASL, il n’a pas mâché ses mots quant aux drastiques réductions de budget annoncées par le ministère des Sports… Parce que selon lui, « le sport doit faire face à une crise majeure du financement ».

Certes, il y a la question de la suppression de 1600 postes au ministère des Sports, mais pour lui le plus important n’est pas là. Son gros coup de colère est surtout vis-à-vis de la suppression annoncée du CNDS qui est en grande partie alimenté par la Française des Jeux.
« Jusqu’alors, l’État, via la loi Buffet, prélève des fonds injectés dans le monde sportif et associatif pour financer les politiques publiques !  Or aujourd’hui, plus les gens jouent, moins on a », dit-il. Et l’on ne voit pas, ce que l’on pourra demander à une FDJ privatisée (c’est ce qui est annoncée)…

TROP C’EST TROP
Déjà rogné de 7% cette année, le budget du ministère des sports ferait encore l’objet d’un coup de rabot de 6% en 2019, soit l’équivalent d’environ 30 millions d’euros. Trop c’est trop. Et si comme cela ne suffisait pas, les aides accordées dans le cadre de la politique de la ville à laquelle nombre de clubs émargent au titre de la cohésion sociale, seraient elles-aussi supprimées. De quoi pousser dans la rue tout un monde associatif et sportif qui en a ras-le-bol.
« En supprimant le CNDS, poursuit Olivier Bayle, l’État imposerait au sport français une triple peine alors même que justement le mouvement sportif demande aux parlementaires de permettre un taux de prélèvement supérieur de 2 à 3 % qui dégagerait les moyens (on évoque le chiffre de 385 millions d’euros), à la fois pour les politiques publiques (insertion, handicap…) et celles liées au développement du sport français »

L’ASL SOLIDAIRE DU MOUVEMENT SPORTIF
Laissant aux politiques le soin de répondre à la question : le sport (pas celui du sport business mais bien celui du sport associatif considéré comme amateur) doit-il ou non participer à la réduction du déficit public ? Olivier Bayle prédit que l’État ne va pas tarder à demander au mouvement sportif de se tourner vers les territoires… Territoires qui pourraient être invités à « embaucher » tout ou partie des cadres d’État mis à la disposition des fédérations, des comités régionaux, etc. Alors même que ces territoires n’ont plus les moyens financiers pour recruter ; on devine la réponse à venir. Et de vraiment s’interroger sur les objectifs qui ont été fixés : 3 millions de licenciés en plus et 80 médailles aux Jeux de Paris en 2024. Est-ce vraiment sérieux ? En tout cas le président de l’ASL porte cette incompréhension lors des rencontres avec les parlementaires de l’Arrageois (Jacqueline Macquet en tant que députée, Jean -Marie Vanlerenberghe comme sénateur). Et de préciser que l’ASL s’associera à toute démarche mise en place par le mouvement sportif pour que ces décisions soient annulées dans l’intérêt général.