Adrien Bart veut jouer les trouble-fête et révolutionner le C2

Adrien Bart lors des championnats de France.- © TIPHN-PHOTO

Lucide et ambitieux à la fois, Adrien Bart sait qu’il lui sera difficile de monter sur le podium du championnat du monde de C1 1000 m. Toutefois, derrière le trio des Brésilien, Tchèque et Allemand qui devraient normalement s’octroyer les médailles, il espère bien pouvoir tirer son épingle du jeu. Et s’il a l’occasion d’en « déloger un », il ne s’en privera pas. Ce serait alors l’aboutissement d’une saison au cours de laquelle il s’est attaché à progresser. Encore et toujours.

Pour cela, Adrien Bart a commencé très tôt en privilégiant les échanges avec les étrangers. Après le stage de Tui (Espagne), il est parti une quinzaine de jours au Canada, grâce aux contacts et aux bonnes relations que le club entretient avec celui des Trois-Rivières. Accueilli par Lyle et Céline Cameron, bien connus à Saint-Laurent, il a pu se bâtir un programme de préparation fait de ski de fond et de musculation. À son retour, l’attendait un stage de trois semaines au Portugal, avec l’équipe de France… et quelques nouvelles têtes dans l’encadrement dont celle du Boulonnais Mathieu Goubel dont l’expérience internationale sera profitable à tous. L’occasion de prendre de nouveaux repères avant les championnats de France de fond qu’il a remportés… Toujours bon pour le moral pour entamer la préparation des « piges » à Vaires-sur-Marne, le moment le plus stressant de l’année avec l’attribution des titres de champion de France élite et surtout les sélections pour l’équipe de France. Adrien Bart a passé ce cap sans encombre puisqu’il a remporté le C1 1000 m, son objectif, et s’est classé 2e sur le 200 m et le 500 m. Difficile de faire beaucoup mieux pour valider le travail effectué durant l’hiver.

LA COUPE DU MONDE POUR MARQUER LA PROGRESSION
En participant aux deux épreuves de coupe du monde, Adrien Bart voulait marquer sa progression. “Après Szeged, j’étais plutôt content des chronos, explique-t-il, même si les places n’étaient pas là”. À Duisbourg où tout le plateau international était réuni, l’Immercurien se sentait vraiment bien. Il fait un très bon 1000 m, très offensif et bat ses chronos. « C’était très intéressant ».
Confirmation aux championnats d’Europe où il s’aligne sur toutes les distances : 200 m, 500 m, 5000 m et bien sûr le 1000 m où il se classe 5e, place satisfaisante pour un début de saison. « Ce n’est pas encore la médaille, dit Adrien, mais j’ai pu débloquer des choses et pris un maximum d’expérience ». Il se montre alors impatient de participer aux championnats du monde. Trop peut-être car lors du stage volume à Temple-sur-Lot, il avoue avoir eu « du mal à retrouver les requis techniques ». Mais le travail physique a été fait et bien fait. De quoi survoler les championnats de France (7 médailles d’or et d’argent) où il s’est aligné en C2 avec Thomas Simart. Du point de vue des résultats l’association de ces deux droitiers a été payante puisque le binôme est allé chercher l’or. Mais c’était loin d’être satisfaisant d’un point de vue technique, alors que les entraîneurs de l’équipe de France leur proposaient quelques jours plus tôt de s’aligner ainsi aux championnats du monde.
Adrien Bart et Thomas se sont donc encore accordé quelques jours de réflexion d’avant d’accepter de relever le défi, en sachant qu’il y avait pas mal de boulot pour trouver des solutions. Ce qu’ils se sont évertués à faire, lors de leurs entraînements communs à Saint-Laurent et à Vaires, lors des stages aussi, notamment le stage terminal à Temple-sur-Lot. Et toujours avec le même scénario à chaque séance : nickel au début, plus laborieux ensuite pour finir en progression. Reste à savoir ce que cela donnera au niveau international, en sachant que c’est très dense. Si ça marche (sous-entendu une place en finale A), chez les garçons ce sera une révolution à ce niveau. « Mais les filles le font bien, pourquoi pas nous ? », interroge Adrien.
Au-delà de cette expérience qui retient toute son attention et sera très intéressante à suivre, Adrien Bart n’oublie pas de rester concentrer sur son objectif principal : le C1 1000 m où il espère jouer les trouble-fête, sachant qu’il sera aussi aligné sur le 200 m. « Là c’est de la vitesse pure ce qui n’est pas ma spécialité mais j’y prends plaisir », conclut-il.- Philippe VINCENT-CHAISSAC / Votre Info