Thomas Simart prêt pour un coup de poker

Au retour de Temple-sur-Lot et avant le départ pour Montemor : Thomas Simart en mode détente à Saint-Laurent.- Photo © PVC / Votre Info

Pour Thomas Simart, la blessure à l’épaule qui l’a contraint à une saison blanche en 2017, relève de l’histoire ancienne. L’ancien vice-champion du monde du 200 m est désormais complètement tourné vers l’avenir avec à très court terme les championnats du monde de Montemor où il se rend avec l’ambition de décrocher une médaille.

Le bronze qu’il a décroché sur 500 m en mai dernier lors de la première manche de Coupe du monde, lui donne raison d’être optimiste… Même s’il relativise la performance dans la mesure où tous les ténors n’étaient pas là. Pour autant la médaille est arrivée au bon moment, histoire de se prouver et de montrer qu’il est encore capable de performer à l’international. Car le retour au plus haut niveau n’a pas été si facile. Après l’opération de son épaule, le séjour à Capbreton lui a fait le plus grand bien. Prendre le temps a été son credo. « J’ai tout fait pour rester serein », dit-il. Le travail sur les gainages et les postures lui ont donné de nouveaux repères. Puis il a fallu retrouver les techniques avec de nouvelles adaptations… Ce fut un travail de longue haleine, avec un coup de moins bien en mars. «Les tests nationaux m’ont permis de voir que cela n’allait pas, poursuit Thomas, mais à partir du moment où l’on comprend les choses, derrière l’on trouve vite des solutions ».

EN FORME AU BON MOMENT
Lors des championnats de France élite à Vaires-sur-Marne, Thomas était en bonne forme, remportant le C1 500 m et terminant 2e du C1 000 m, derrière Adrien Bart. Ce que les épreuves de coupe du monde ont confirmé : à Szeged avec un podium et à Duisbourg avec une 5e place. C’était même très encourageant avant des championnats d’Europe qui n’ont malheureusement pas été à la hauteur des attentes notamment sur le C2 1000 m : la priorité. « Avec Romain, nous n’avons jamais réussi à trouver la glisse ». En cause, sans doute un manque de temps : « c’est toujours délicat de s’adapter en deux semaines ». Reste que l’objectif final était bien les championnats du monde et qu’il y avait encore du temps pour travailler. Sauf que Romain s’est blessé… Pour conserver le principe d’un binôme droite-gauche, il était logique de faire appel à Loîc Léonard qui avait couru en C2 à Duisbourg. Les sélectionneurs en ont décidé autrement en faisant un pari osé : un binôme droite-droite avec Adrien Bart.

ESSAYER ET SE FAIRE PLAISIR
Les deux « olympiques » de Rio ont eu du temps pour travailler : lors du stage volume en juin, lors des championnats de France où ils étaient associés, lors du stage final à Temple-sur-Lot qui vient de se terminer, sans oublier quelques séances de travail en commun à Paris et Saint-Laurent. « Il a fallu s’adapter, comprendre notre coup de pagaie car nous n’avons pas la même approche… Maintenant on y va et on verra » dit Thomas Simart qui affiche une belle sérénité. Mais il sait que c’est aussi un peu un coup de poker car, dit-il : « si le vent vient de la gauche, on est dans la m… ». C’est le problème d’un droite-droite. Flore Caupain associée à Eugénie Dorange sur le 500 m aura la même problématique à résoudre.
Quoi qu’il en soit, c’est l’année où il faut tenter des choses, où il faut aussi se faire plaisir. En mono, Thomas avait la possibilité de s’aligner sur le 200 m (en plus du 500 m). Considérant qu’il en a fait le tour, il préfère tenter l’expérience du 5000 m qui arrivera en toute fin de programme. Certes ce n’est pas vraiment sa spécialité (il n’est pas champion de France) mais la course sera autant stratégique que technique, avec de nombreux virages. «Il faudra savoir aller de vague en vague et j’adore ça », conclut-il.- Philippe VINCENT-CHAISSAC / Votre Info