Flore et les copains sont rentrés

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Pour bien mesurer la portée de la performance de Flore Caupain, il faut reprendre le propos de Michel Létienne qui était responsable des officiels à Auronzo, lieu des championnats d’Europe juniors et U23… « Elle est la première au club, à remporter deux médailles dans une même échéance terminale ».

Championne d’Europe et vice-championne d’Europe juniors du C2, sur 500 m et 200 m, avec Laura Ruiz, Flore a marqué les esprits immercuriens, comme l’avait fait Anaïs Cattelet il y a quelques années lorsqu’elle avait été la première, à Moscou, à inscrire son nom au palmarès de la compétition. Comme quoi, tout est possible dès lors que l’on travaille et que l’on croit en ses chances. Et sur le travail, Flore (comme Laura) n’a pas lésiné. Hier soir, lors de la réception qui est traditionnellement organisée en l’honneur des athlètes de retour d’une grande compétition, elle expliquait sa progression depuis le début de la saison, remportant la course de sélection junior sur 500 m, terminant 2e sur 200 m… au coude à coude avec Laura Ruiz, avec qui elle est partie en stage en Slovénie, au mois de juin, pour travailler les automatismes, la coordination… Indispensable pour espérer obtenir des résultats, à un moment où le canoë féminin a pris toute sa place. « On n’est plus dans le monde des bisounours » dit encore Michel Létienne… Pour preuve : les seize C2 féminins engagés à Auronzo… Autant que les K2 masculins.

BELLE MATURITÉ
Il reste bien évidemment du travail à faire pour encore progresser ; à prendre de l’expérience pour soigner les détails : « on n’entre pas le premier dans le sabot, quand il y a du vent dans le dos »… conseille Michel Létienne. Mais il faut reconnaître que Flore Caupain et sa partenaire ont fait preuve d’une belle maturité, sachant se reconcentrer pour la finale sur 200 m, après être passée par toutes les émotions sur le 500 m… En n’oubliant pas qu’elles avaient l’une et l’autre aussi disputer une finale en mono. « On a pleuré toutes les deux, dit Flore, moi en ressortant de l’eau, Laura sur le podium, et toutes les deux en entendant La Marseillaise ». Des instants qui marquent la vie d’un(e) athlète mais aussi les entraîneurs, les parents, les accompagnateurs… et les copines d’entraînement, en la circonstance Claire Billau et Clémence Leblanc, « qui ont joué l’émulation à fond », dit le président Olivier Bayle.

LES GARÇONS À LA HAUTEUR
Autour de Flore, hier soir sur la base de Saint-Laurent, il y avait les garçons (excepté Romain Alavoine qui était excusé)… Soit cinq athlètes qui ont, eux aussi, raconté leurs courses : Loïc Léonard, « l’ancien », finaliste sur 1000 m et 200 m ; Mathieu Caupain ; Benjamin Courbet, Jean Sikora qui ont tous été à la hauteur des espérances et ont beaucoup appris… Y compris que le moindre détail a son importance. Exemple ne jamais laisser un maillot dans un bateau lors de la pesée avant la course… Car après la course, le même bateau, vidé de tout son contenu repasse sur la balance. Et du coup, il ne pèse plus pareil. Quelques grammes de différence qui conduisent à la disqualification. Cela aussi marque les esprits… « Une telle mésaventure n’arrive qu’une fois dans une carrière », dit Olivier Bayle qui ajoute : « vaut mieux là qu’aux Jeux olympiques ».

ÉTONNANT LANCELOT
Et puis il y a Lancelot Tostain, junior première année, qui connaissait là sa première grande compétition internationale et « nous a tous bluffés »… à quelques centièmes de seconde de la qualification en finale A ; victorieux en finale B ce qui lui permet de prendre rang dans la hiérarchie européenne (10e)… Un bond phénoménal, d’une année sur l’autre.
De retour d’Italie, tous ces athlètes attendent maintenant la décision des sélectionneurs de l’équipe de France en vue des championnats du monde qui auront lieu à la fin du mois à Plovdiv. La saison est donc loin d’être terminée d’autant que les championnats de France auront lieu la semaine prochaine en Normandie et que certains doivent aussi préparer les championnats du monde universitaires.