Elle sera opérée dans quelques jours : repos forcé pour Julie Cailleretz

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Pour Julie Cailleretz, 2018 sera une année blanche. La vice-championne du monde espoir a dû se rendre à l’évidence lors des championnats de France élite à Vaires-sur-Marne… Son épaule gauche doit être opérée. Elle entre en clinique le 11 juin prochain et devra ensuite se reposer avant d’entamer la rééducation… Comme Thomas Simart l’an dernier, elle va devoir être patiente, ne pas brûler les étapes pour revenir très forte en 2019, l’année des quotas olympiques.

À quelques jours de l’opération, Julie affiche un large sourire. En tout cas, elle ne pleure plus… Car l’Immercurienne avoue avoir versé des larmes lorsqu’elle a vu tous ses projets s’effondrer en l’espace de quelques minutes, lors des championnats de France élites. Aujourd’hui, ce qui la désole, c’est qu’elle pensait avoir fait ce qu’il fallait pour ne pas en arriver là.
C’est vrai que cela fait un moment qu’elle courait avec son épaule strappée, que la nuit il lui arrivait de ne plus pouvoir bouger le bras mais, dit-elle, « quand on est encadrée et qu’il y a de l’enjeu, on continue ».
À l’automne dernier, lorsqu’elle a repris la pagaie après la coupure de fin de saison, l’épaule faisait encore mal. Trop mal après les tests à Vaires-sur-Marne auxquels elle avait participé. D’où la décision d’arrêter le bateau et de faire des examens plus approfondis. Ceux-ci révélaient une fissure du cartilage mais il n’était pas encore question d’opération. Deux semaines de rééducation à Cap-Breton au mois de février, l’autorisaient même à reprendre l’entraînement tout en travaillant davantage sur les jambes pour moins solliciter l’épaule qui réagissait bien. Physiquement prête (elle a toujours couru), Julie Cailleretz a donc préparé les piges sans trop d’inquiétude et espérait être suffisamment performante pour obtenir le droit d’entamer une nouvelle saison internationale. C’était sans compter sur une subluxation qui cette fois l’obligeait à rendre les armes.

Déçue pour ses partenaires
« Sur le 200 m, cela s’était plutôt bien passé mais sur le 500 m, l’épaule a sauté à 200 m de la fin ». Prise en charge par les kinés de l’équipe de France qui ont immobilisé et « glacé » l’épaule douloureuse, elle a reçu quantité de messages de soutien et la promesse qu’elle réintégrerait le collectif tricolore dès qu’elle serait remise. Mais force est de constater qu’il faudra laisser le temps suffisant, ne pas prendre de risque et attendre l’hiver prochain pour travailler dur et revenir à son meilleur niveau. «Les ligaments n’ont rien, explique-t-elle, c’est juste le cartilage qui est abîmé ».
Beaucoup lui disent que finalement, c’est un mal pour un bien ; qu’il vaut mieux qu’elle se soigne bien maintenant, qu’elle n’en reviendra que plus forte en 2019 et que cela n’hypothèque en rien ses chances de qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo… Il n’empêche, elle a du mal à cacher une petite pointe d’amertume ayant le sentiment de trahir la confiance que lui ont accordée la communauté urbaine d’Arras, le conseil départemental, le conseil régional qui l’ont intégrée dans « plein de nouvelles équipes ».

La rentrée à l’Insep ?
Julie s’interroge aussi sur la façon avec laquelle, elle va passer son temps durant les mois qui viennent. Un mois sans rien faire, trois semaines en rééducation à Cap-Breton, trois mois avant de pouvoir commencer à courir ou faire du vélo. L’été risque d’être long d’autant qu’elle est toujours en études (préparation d’un master Staps) et donc en vacances scolaires.
Mathieu Beugnet et Thomas Simart qui ont connu les mêmes mésaventures seront à même de la conseiller pour bien passer cette période durant laquelle elle cherchera à se rendre utile auprès des jeunes du club, histoire de ne pas être totalement en décalage. Enfin elle pense à la rentrée universitaire : « J’ai envie d’aller à l’Insep pour découvrir un autre environnement. C’est une idée que j’ai depuis toute petite… Pour être avec d’autres sportifs ». À 22 ans, Julie veut aller de l’avant et cette blessure sera sans doute aussi l’occasion pour elle, de réfléchir et de se projeter quelques années plus loin… Tokyo, Paris… Et après ? – Philippe VINCENT-CHAISSAC / Votre info