Vol au-dessus d’un nid de kayaks…

Lucien Gues et Bruno Thaillez en compagnie d’Olivier Bayle.- Photo © PVC / Votre Info

La pratique du canoë-kayak peut-elle nuire à la faune de la Scarpe, particulièrement les oiseaux ? Question posée à Lucien Gues et Bruno Thaillez, deux représentants du GON (Groupe ornithologique nord)  à Arras.

Invités à l’assemblée générale du club, samedi 23 novembre, ils ont apporté une réponse claire. Non à condition de ne pas trop s’approcher des berges et surtout des nids. En substance, les deux naturalistes ont expliqué que le passage d’un canoë ou d’un kayak sur le canal n’est en rien dérangeant parce qu’il n’est pas identifié comme un prédateur, tout juste une espèce animale habituée des eaux du canal, un peu plus grosse que les autres.
Voilà qui ne surprendra finalement pas grand monde au vu du nombre d’oiseaux qui fréquentent les abords de la base nautique. Dans leur exposé, Lucien Gues et Bruno Thaillez ont même souligné la richesse ornithologique du val de Scarpe avec la présence de quelque 150 couples de pouillots véloces et 120 à 140 couples de grèbes castagneux, soit la plus grande concentration de France. Une richesse qui va de paire avec une belle diversité d’espèces : cygne tuberculé, héron cendré, aigrette, foulque, poule d’eau, martin pêcheur, mouette venant des pays de l’Est, etc. Et de tordre le coup à une affirmation qui voudrait qu’il y ait trop de cormorans et donc moins de poissons. Faux ! affirment les deux hommes qui soulignent par ailleurs la présence dans les eaux de la Scarpe de sandres et de brochets.
Se définissant comme des naturalistes, Lucien Gues et Bruno Thaillez n’observent pas que les oiseaux, ils s’intéressent aux insectes, aux multiples espèces de libellules, aux papillons de nuit particulièrement sensibles à la pollution lumineuse ; aux plantes aussi, soulignant au passage la présence d’orchidées, notamment la très belle Orchis abeille mais aussi la renouée du Japon, plante invasive comme la berce du Caucase, plante toxique voire dangereuse, occasionnant des brûlures.
Enfin ils prodiguent quelques conseils à celles et ceux qui sont sur les berges : tenir les chiens en laisse ; ne pas donner à manger aux oies au risque de les engraisser, et surtout pas du pain à cause du sel qu’il contient. Un danger pour eux. Quant aux bateaux, leurs passages ne sont pas vraiment dérangeants dès lors qu’ils se font à faible vitesse. Reste la question du faucardage : ils sont pour si cela se fait « doucement ».
Voilà donc nos kayakistes et céistes rassurés sur l’impact que peut avoir la pratique de leur discipline sur les équilibres écologiques sachant que leurs observations, au fil de l’eau où ils sont quasi quotidiennement, peuvent  en plus intéresser les naturalistes. Faire des photos et les envoyer peut être riche d’enseignements.- Philippe VINCENT-CHAISSAC / Votre Info

Quelques battements d’ailes au passage du kayak… pour se reposer quelques mètres plus loin. Rien de méchant tant que l’on ne s’approche pas des nids. Photo © PVC / Votre Info