Pour Michel Létienne, l’on y verra plus clair après les séries

Photo © VB / ASL

Michel Létienne sera à Szeged mardi. Le temps de récupérer l’accréditation, de prendre possession de la chambre d’hôtel, il sera très vite été dans le bain des championnats du monde puisqu’il officiera dès mercredi matin pour les compétitions de paracanoë. Juge de parcours, sa mission est de s’assurer que la règle du milieu de couloir est respectée et que les athlètes  ne profitent pas de l’aspiration de ceux que les précèdent.

Présent sur les championnats du monde, juniors, U23, seniors, depuis 1997, Michel Létienne n’a pas de pression particulière : c’est la même règle, les mêmes repères, la même intelligence de jugement. En revanche, il reconnait que le millésime 2019 sera exceptionnel. D’abord parce que cela permet d’accorder des quotas olympiques mais en plus, c’est à Szeged, le pays du canoë-kayak. « Cela va être très chaud ! » nous confiait-il avant son départ.
Le fait que ce soient les championnats du monde d’avant les Jeux, oblige tous les pays postulant à un quota olympique, à être présents. Cela amplifie l’universalité du canoë-kayak. Là où il y a habituellement 80 pays représentés, cette fois il y a en a une centaine. Mais donc pas de pression particulière pour notre juge, sauf peut-être lorsqu’il y aura des Français sur l’eau, qu’il regardera forcément du coin de l’œil, qui plus est lorsqu’il s’agira d’un Immercurien.

ENTRE CONFIANCE ET INQUIÉTUDE
Michel Létienne  s’interroge, comme beaucoup : les Français seront-il au rendez-vous ? Sachant que tout le monde veut être au rendez-vous. « C’est la glorieuse incertitude du sport ». Présent aussi en coupe du monde et sur les Jeux européens, il dit avoir deux points de repères : celui de Duisbourg et celui de Minsk. « Qui aurait prédit la victoire d’Adrien Bart à Duisbourg, devant l’Allemand Brendel, le Brésilien Queiros dos Santos ou le tchèque Fuksa ? » En revanche, cela n’a  pas été brillant à Minsk.
Qui était prêt ? Qui ne l’était pas ? « Seul l’athlète concerné peut le dire ». Pour lui, les Français pour qui « ce serait un soulagement de régler le problème du quota », peuvent être confiants ? « Ils auraient tort de ne pas l’être. La seule chose qui m’inquiète, poursuit-il, c’est la présence de la Chine, notamment en canoë dame, avec des athlètes jusqu’alors inconnues, maintenant au-dessus du lot… Et l’incertitude de la Russie ». Compte tenu de cela, la meilleure attitude à avoir est encore d’en faire abstraction et d’attendre les résultats des séries pour y voir plus clair.- Philippe VINCENT-CHAISSAC / Votre Info