Championnats du monde : d’abord vivre le moment présent

Marie Delattre-Demory et Virginie Bayle ont connu les championnats du monde et les Jeux olympiques.- Photo © archive PVC / Votre Info

Les championnats du monde organisés à Szeged ont une double importance puisque seront attribués à cette occasion les premiers quotas olympiques. D’où le risque d’une pression supplémentaire pour les athlètes qui, selon Marie Delattre-Demory, doivent d’abord restés concentrés sur la performance, le résultat et la médaille qu’ils sont susceptibles de remporter.

Marie Delattre-Demory qui a disputé trois fois les Jeux olympiques et remporté une médaille (en 2008 à Pékin) explique qu’elle n’a jamais prêté attention aux quotas olympiques. « En 2003, je n’étais même pas au courant… C’est après la course que j’ai compris que nous étions passées de peu à côté ». Ce qui ne l’a d’ailleurs pas empêchée de disputer les Jeux d’Athènes au bénéfice d’un ultime rattrapage. « L’attribution des quotas, cela a toujours été une affaire compliquée, poursuit-elle, mais à mon époque, nous étions moins médiatisées et on n’en parlait pas trop ».
En 2007, Marie savait que l’équipage qu’elle composait avec Anne-Laure Viard devait être dans les six premiers pour décrocher le quota… Mais là encore, ce n’était pas la principale préoccupation : l’objectif, c’était la performance, donner le meilleur de soi-même et décrocher une médaille. Ce que les filles ont fait. Le quota olympique a été la cerise sur le gâteau. Et cela a encore été le cas en 2011, avec le K4 qui avait pour objectif de disputer la finale mondiale… Il se trouve qu’elle était qualificative pour les Jeux de Londres.

RAMENER DES MÉDAILLES
Pour Marie Delattre-Demory, un championnat du monde reste un championnat du monde. Quota olympique ou pas, distance olympique ou pas, l’important est de ramener des médailles qui ont toutes la même valeur. « Il faut prendre ce qu’il y a à prendre, sinon ce n’est pas la peine de courir ».
Le faire à Szeged, lieu mythique pour le canoë-kayak, et dans une année pré-olympique, n’en aura que plus de valeur… Virginie Bayle qui a fait les Jeux de Séoul, prévient : « cela va être énorme… Plus impressionnant même qu’aux Jeux olympiques où il y a moins de monde ». Et pour tous ceux qui seront de la fête c’est une chance… Virginie Bayle annonce l’état d’esprit qui doit dominer : « vivre l’équipe en entier ». Sans trop faire de calcul, en cherchant à aider ceux qui sont susceptibles de décrocher ces fameux quotas olympiques…  En sachant que les « titulaires » d’aujourd’hui ne seront peut-être pas ceux de demain. Le collectif doit prévaloir : «  il vaut même mieux être le premier non pris d’une équipe médaillée que le dernier pris d’une équipe qui ne fait rien ».

CROIRE EN SOI
Quoi qu’il en soit, l’équipe de France, dans son ensemble, joue gros à Szeged. À Duisbourg, en coupe du monde, elle a montré qu’elle est capable de qualifier des bateaux dans toutes les spécialités, ou presque. Mais qu’en est-il réellement après les Jeux européens et les championnats du monde U23 qui ont été décevants ? « Il va falloir croire en soi, se libérer, être opportuniste, vouloir aller vite ». À Duisbourg, Adrien Bart est devant l’Allemand Brendel qui courait chez lui. C’est toujours possible et c’est possible pour tous les autres.
Ceux qui ne sont pas sur les distances olympiques doivent être conscients que c’est une chance qui leur est donnée. Ils n’auront pas la même pression : à eux d’en profiter, d’y croire… Pour aller aux Jeux, il y a des étapes : « il convient de passer chacune d’elles, de vivre le moment présent ». Rien ne sera facile d’autant qu’il va falloir compter aussi sur des nations comme Cuba, le Mexique, les États-Unis, la Chine qui prendront des quotas. Ce qui fera que les rattrapages européens seront eux aussi de haut niveau. Voilà qui met les athlètes en face de leurs responsabilités… Quitte à se remettre en question si cela ne fonctionne pas. Les athlètes… mais pas que les athlètes.- Philippe VINCENT-CHAISSAC / Votre Info