Clémence Leblanc ira aux championnats du monde de marathon en Chine

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Clémence Leblanc n’était pas du tout programmée pour être championne d’Europe de canoë marathon. Un succès qui « l’oblige » à poursuivre sa carrière internationale jusqu’en octobre prochain, car elle est qualifiée pour les championnats du monde organisés en Chine…

« Je ne m’y attendais vraiment pas », explique l’Immercurienne, nouvelle championne du monde junior, de canoë marathon, vendredi dernier à Decize. Depuis qu’elle sait être qualifiée pour cette épreuve qu’elle imaginait être sa dernière sortie internationale, Clémence Leblanc se préparait calmement mais sérieusement chez elle à Saint-Laurent-Blangy, sous la houlette des entraîneurs du club. La semaine précédent la course, elle a rejoint l’équipe de France pour intensifier cette préparation avec les entraîneurs nationaux qui lui ont alors annoncé qu’elle disputerait aussi la short race. C’était sa première surprise. L’idée était alors de lui donner l’occasion de réviser son départ et ses portages de bateau. Cela lui a aussi permis de bien appréhender la forte chaleur qui régnait la semaine dernière en Bourgogne. Tony (Lalet) m’avait conseillé de beaucoup boire et donné quelques conseils de nutrition. 4e de cette épreuve open qui n’était pas son objectif, Clémence Leblanc n’a été que davantage motivée pour le marathon du lendemain. Partie vite comme elle l’avait annoncé, elle s’est retrouvée dans la vague de la Hongroiseiqui menait la course ; cela dès les premiers hectomètres. Très surprise d’être là, Clémence Leblanc a pris le relais au bout d’un kilomètre et s’est aperçu que sa concurrente éprouvait des difficultés à suivre.

Devant pour éviter les embouteillages
« N’aie pas peur de prendre la tête de course » lui avait conseillé ses entraîneurs, sachant que c’est la meilleure façon d’éviter les embouteillages. C’est ce qu’elle a fait assez facilement alors qu’elle s’attendait au contraire. « Le plus dur, poursuit-elle, c’est en milieu de course, quand il ne se passe plus grand-chose, qu’il n’y a pas de coéquipière sur qui compter, que les entraîneurs présents sur la berge te disent qu’il faut relancer et que tu n’en peux déjà plus ». À ce moment-là de la course, Clémence était bien dans le rouge… mais elle n’a rien lâché sur l’eau et a su maîtriser ses portages. La suite n’a pas forcément été plus facile mais quand on est en tête à l’amorce du dernier tour, les forces sont décuplées. Plus rien ne pouvait alors arriver à l’Immercurienne qui est allée cueillir son premier grand succès international. « Les quatre ou cinq années que j’ai passées à m’entraîner ont servi à quelque chose » se réjouit Clémence Leblanc qui a vécu là un moment d’émotion intense… Championne d’Europe, avec une Marseillaise pour elle, devant ses parents, ses grands-parents, sa famille, les membres du club  venus la soutenir. « Ça fait super plaisir ! ».

L’occasion d’un long voyage
Clémence est maintenant rentrée à Saint-Laurent. Lundi avait lieu une réception en son honneur. S’ensuivent quelques jours de repos avant de reprendre le bateau, ce qui n’était pas prévu. Car normalement, ce championnat d’Europe était bien sa dernière sortie internationale. Le résultat vient donc bousculer le scénario prévu. Elle qui en apprentissage d’ébénisterie à la rentrée de septembre a reçu le soutien de son futur « patron ».  Elle ira donc bien à Shaoxing pour défendre ses chances aux championnats du monde… L’occasion du plus grand voyage qui lui ait été donné de faire jusqu’alors.
Après ça, elle reste sur l’idée d’arrêter là sa carrière, toujours aussi soucieuse de préparer son avenir professionnel dans les meilleures conditions. À moins qu’elle n’arrive vraiment à tout concilier. Les mois à venir seront déterminants.- Philippe VINCENT-CHAISSAC / Votre Info