Adrien Bart : l’ambition d’un professionnel

Tout juste rentré de Floride, Adrien Bart a brillé lors de l’Open de France d’hiver à Vaires-sur-Marne. – Photo © PVC / Votre Info

Désormais installé en région parisienne mais plus que jamais immercurien, Adrien Bart était présent mercredi dernier à Arras pour la présentation officielle des collectifs 2019 de l’ASL. Nous en avons profité pour évoquer avec lui ses ambitions pour cette saison qui démarre.

Adrien Bart est aujourd’hui un sportif professionnel. En ce sens qu’il ne fait plus (pour l’instant) que du canoë. À l’automne dernier, au retour d’un stage effectué à Séville avec l’équipe de France, il a bien essayé de travailler à temps plein, comme kiné (c’est son métier) dans un cabinet près de Vaires-sur-Marne, mais il s’est très vite rendu compte que c’était difficile, sinon impossible, à gérer. Il s’est alors tourné vers l’hôpital d’Arras qui lui a prêté une écoute favorable, mais là aussi, c’était beaucoup trop compliqué. Alors il est allé voir la fédération qui lui a accordé quelques aides personnalisées lui permettant de « survivre ». Aujourd’hui, en dehors des compétitions, ses seules contraintes sont donc les entraînements et les stages. Et il ne lésine pas sur la quantité.

Préparation en Espagne, en France et en Floride
Après le « super stage de Séville » auquel Thomas Simart participait également, Adrien Bart a connu un hiver très actif. Il est d’abord allé dans le Jura pour travailler l’aérobie et l’endurance, séjournant dans une chambre hypoxique pour être dans les conditions de l’altitude. La méthode permet de mieux oxygéner le sang et les bienfaits se sont fait sentir lors du stage suivant en Floride, où avec Thomas Simart, il a partagé l’entraînement des Canadiens, pendant trois semaines. Beaucoup de volume, beaucoup de confrontations avec les neuf Canadiens présents qui font tous du haut niveau. « Cette immersion m’a permis d’échanger sur pas mal de choses ; ils m’ont beaucoup apporté ».
De retour en France, Adrien Bart a vite retrouvé Vaires-sur-Marne où l’attendait l’Open de d’hiver, première étape de la préparation internationale. Avec trois victoires, il a montré qu’il est actuellement le meilleur Français à l’international… Petit bémol cependant : une petite douleur au dos, le signal du corps pour rappeler que l’on n’est pas un surhomme. Adrien Bart n’a pas pris de risque, il a décidé de se préserver et n’a participé, ni aux championnats de France de fond ni à l’International Race du Pas-de-Calais où il était annoncé.

Retour gagnant à Vaires-sur-Marne
Les quinze jours – trois semaines qui le séparaient de l’Open de printemps ont été un peu compliqués et il reconnaît qu’il lui a manqué des choses pour ce second rendez-vous important de l’année. Deuxième sur le 400 m, il s’est néanmoins rassuré sur le 1000 m qu’il a remporté « avec des vitesses intéressantes ». Autre satisfaction : la victoire sur le C2 1000 m, avec Thomas Simart… Mais qui pour l’instant ne répond pas à la question de savoir quel est le meilleur bateau : avec Thomas ou avec Loïc (Léonard)? « Nous allons continuer à travailler tous ensemble », commente Adrien Bart qui fixe les  objectifs : les Jeux européens et les championnats du monde où il espère être au top de sa forme pour monter sur le podium. « C’est là qu’on remporte les vraies médailles ! ».
Pour le coup, ce serait aussi l’occasion de décrocher un quota pour les Jeux olympiques de Tokyo pour lesquels il affiche la même ambition. « Se sélectionner pour participer, c’est bien mais ce n’est pas suffisant ». Et clairement il veut aller déjà être du voyage à Tokyo en septembre pour le test Event qui lui permettrait de découvrir le bassin et de poser quelques jalons. « Je n’ai pas fait celui de Rio, se souvient-il, et cela m’est resté en travers de la gorge ».
Voilà donc le décor planté. Adrien Bart prend ses responsabilités et travaille beaucoup pour arriver à ses fins… physiquement mais aussi techniquement avec les entraîneurs de l’équipe de France et de l’ASL Saint-Laurent-Blangy. Sans oublier l’apport précieux de William Tchamba, l’ancien Lillois, passé par Boulogne-sur-Mer, Mantes-la-Jolie et Boulogne-Billancourt, qui a fait les Jeux de Pékin, kiné comme lui… « c’est mon référent technique », conclut Adrien Bart.- Philippe VINCENT-CHAISSAC / Votre Info